« Progress » est le nom de l’un des premiers satellites cargo, développé par l’industrie spatiale soviétique, qui approvisionne les stations spatiales depuis près de 50 ans. Le texte suit la trajectoire vitale d’une mission récente du satellite Progress : le lancement de l’engin, son stationnement en orbite et son expulsion vers une orbite dite «_cimetière_». En tant que symbole du progrès technologique, dispositif technopolitique et artefact matériel destiné à devenir un débris spatial, l’histoire de Progress permet de mobiliser une critique des mythes du progrès, de l’éthique contemporaine du futur et des politiques d’expansionnisme spatial, et ceci à tout prix. Cette enquête juxtapose des récits et des images hétérogènes, issues de la culture visuelle, des pratiques artistiques et des sciences humaines. Un point de vue artistique et spéculatif dans la réflexion théorique rend service à cette même nécessité : démêler les hyperstitions technologiques afin d’identifier leurs origines et leurs conséquences possibles. En remettant en cause la légitimité de la colonisation de(s) espace(s), la prolifération de ses déchets, matériels ou idéologiques, le texte met en lumière l’euphorie souvent décadente de l’imaginaire relatif aux voyages spatiaux, où nous ne sommes pas toujours des cosmonautes exemplaires. Face à la nouvelle course à l’espace contemporaine, aux politiques spatiales agressives et aux menaces écologiques qui en découlent, quelles technologies nous rendent de meilleurs cosmonautes ?
Mot-clés : espace, écologie, recherche-création, esthétique, technologie, newspace, cosmisme, mythologie, effondrement, art, hyperstition.
Angelica Ceccato est doctorante à l’École doctorale esthétique Sciences et Technologies des Arts (université Paris 8). Issue d’une formation en Arts et multimédia à Venise et d’un master en Esthétique, pratique et Histoire de l’art contemporain et en Technologies et médiations humaines (master ArTeC), sa démarche de recherche-création enquête sur et à travers les langages visuels. Son projet de thèse, « Espace sensible. Esthétique et écologie des technologies spatiales » s’appuie sur des perspectives esthétiques et écologiques pour questionner la légitimité des nouvelles politiques de colonisation et pollution spatiales. Elle enseigne depuis 2022 à l’université Paris 8 dans le département d’Arts plastiques.
Date de parution : 20 février 2026
ISBN (web) : 978-2-924925-36-2
ISBN (PDF) : 978-2-924925-37-9