Cueillette de gestes

3| Définir la sociabilité et quantifier l’inquantifiable

3| Définir la sociabilité et quantifier l’inquantifiable

Mai-juillet 2023

Figure 3.1. Dessins superposés de mains posées l’une dans la paume de l’autre ; extrait de la cueillette de gestes. Autrice : Assia Musitelli Chabane, 2023

Lorsque l’on parle de sociabilité, on touche vite aux termes « extraversion » et « introversion » pourtant laissés de côté dans le questionnaire de cueillette de gestes ; un amalgame persiste malgré des concepts qui ne sont pas nécessairement interdépendants.

Dans Psychological Types, Carl Jung (1971) définit l’extraversion comme une attitude psychique orientée vers l’objet, lequel acquiert une valeur déterminante pour le sujet, et l’introversion comme une attitude où l’énergie psychique est retirée de l’objet et investie dans le sujet. Ces deux orientations décrivent des pôles opposés de la relation au monde, et non des degrés de sociabilité. Cela se traduit, une fois appliqué aux personnes, à deux caractères opposés : l’un, tourné vers l’objet et le monde et l’autre, tourné vers sa subjectivité, ignorant le monde et les autres. Cependant, la description de Jung de l’introverti est nettement péjorative et est rapportée à des sujets qui sont sur le chemin de la schizophrénie. Or, si l’on définit ces termes de manière plus moderne et neutre, l’extraversion devient la capacité, voire le besoin naturel à aller vers l’autre pour être stimulé, tandis que l’introversion est la tendance à se tourner vers son monde intérieur pour atteindre le même but. Ainsi, on peut imaginer être introverti mais très habile socialement ou au contraire tout à fait extraverti tout en naviguant mal entre les normes non dites de la société.

Lors du premier atelier-test mené le 4 mai 2023, nos échanges ont mené au terme « aptitude ». La sociabilité, le fait d’être sociable, serait une aptitude que l’on possède ou non, que l’on peut tenter de travailler quand bien même on aurait du mal à la quantifier. Finalement, cette aptitude est souvent mise à mal, même chez les personnes se disant a priori très sociables, bloquée par une envie de discrétion, par une peur de l’intrusion dans la vie des personnes que l’on rencontre. On ne veut pas gêner ni en faire « trop », même lorsque l’on est réellement intéressé par la personne avec qui on tente la conversation. Les volontaires me donnent comme exemple les questions types :

« Vous êtes marié ? »

« Vous avez des enfants ? »

« Votre femme est avec vous ? »

« Vous faites quoi dans la vie ? »

En questionnant la source de cette peur de l’intrusion ou de ce besoin de discrétion, l’une des personnes interrogées me parle de pudeur. Souvent, il y a volonté de mieux connaître la personne, de parler, de sociabiliser mais le geste ne suit pas. Pour une partie des personnes, poser les questions, initier la conversation se révèle difficile tandis que répondre, parler de soi pour s’ouvrir à l’autre paraît plus aisé. On sait ce qui nous gêne ou pas de partager, mais l’intériorité de l’autre est inaccessible ; on y projette notre pudeur et on n’ose pas s’engager plus dans la conversation.

À l’inverse, pour d’autres, la difficulté va se trouver dans la réponse, mieux vaut ne pas trop se dévoiler dans cet espace de parole que nous venons de créer et que nous tentons de partager tant bien que mal. Être dans la pudeur et la retenue, est-ce se montrer humble ? Qui de la personne douée en mondanités, en bavardages banals sur la pluie et le beau temps ou de la personne préférant de longues discussions sur des sujets plus intenses peut être considérée comme la plus sociable ? N’y a-t-il pas qu’une sociabilité mais plusieurs ? Comment les personnes de ces différents types auto-évaluent leur sociabilité ? Quel est leur ressenti sur la question et que projette la norme sociétale sur ces personnes ? Un point clé semble être la projection, d’une part, du commun sur notre intime et, d’autre part, de l’intime sur le commun.

Filature de gestes et le portrait par le geste signature

Figure 3.2. Dessin représentant les mains d’une personne dans ses cheveux, sans doute en train de se recoiffer ; extrait de la cueillette de gestes. Autrice : Assia Musitelli Chabane, 2023

Début 2023, j’ai également tenté une autre expérimentation : la filature de gestes. Lors de la première et pour l’instant unique tentative de filature de gestes, j’ai pu mettre en place trois duos. Tous les trois évoluent dans le même contexte, un bureau en open space, dans chaque duo, une fileuse observe sa collègue et retranscrit dans un carnet ce qu’elle a pu remarquer lors de leurs interactions sans que la personne observée ne soit au courant de l’opération en cours. À la fin de la période de filature — qui fut plus longue que prévue afin d’accommoder les calendriers de toutes — nous nous retrouvons pour dévoiler l’expérience aux personnes qui ont été observées. Les fileuses expliquent ce qu’elles ont remarqué, recréent les gestes en question, elles m’indiquent à chaque fois qu’il y en avait finalement très peu ; elles en décomptent en général quatre ou cinq qui se démarquent beaucoup par leur répétition fréquente et semblent devenir des sortes d’attributs spécifiques à la personne, comme des gestes signatures.

Les personnes observées sont relativement surprises des observations faites, elles ne sont en général conscientes que d’une partie des gestes décrits et découvrent les autres. Un changement inopiné en cours d’expérimentation a poussé deux des fileuses à suivre la même personne, cela m’a permis de mettre en relation deux regards sur une même personne. Finalement, les deux fileuses ont noté les mêmes gestes, encore une fois des gestes signatures qui revenaient très souvent chez la personne, au point de la caractériser dans son contexte de travail. Les fileuses ont aussi admis qu’il y avait d’autres gestes qui semblaient inconscients tels que divers mouvements de mains mais ceci leur paraissait trop « flous » et n’étaient pas répétés à l’identique, elles ont donc préféré ne pas en prendre note.

Cela a mis en lumière les défauts de mon dispositif : le résultat était intéressant mais n’était pas tout à fait celui que je recherchais. Cela, par défaut de communication de ma part et par faute d’avoir sous-estimé la difficulté d’une telle filature. J’ai néanmoins beaucoup apprécié le moment de la restitution des carnets et des observations, les personnes observatrices se sont toutes données à une restitution presque performative de leur expérience, par la description de ce qu’elles ont fait et vu et la recréation des gestes qui les ont marquées.

Considérez certaines conduites banales — se serrer la main, manger, dire au revoir — comme des ready‑mades. Leur seule caractéristique étrange serait l’attention qu’on leur porte. Ce ne sont pas les habitudes de quelqu’un d’autre que l’on observe, mais les siennes tandis qu’elles ont lieu. (Kaprow 1996, 223)

C’est inspiré par les prémices de cette expérimentation et par la singularité de l’espace que représente la galerie BétonSalonVoir le site du centre d’art et de recherche cité : https://www.betonsalon.net/↩︎, qu’est né le concept de l’installation qui sera mise en place dans ce lieu en juin 2024 lors de l’exposition réalisée pour les soutenances du master ArTeCVoir le retour photographique des soutenances ArTeC 2024 : https://eur-artec.fr/media-archipelique/galerie/soutenances-master-artec-2024/↩︎. Plutôt qu’une restitution d’archives de ce projet de recherche-création projeté sur un écran muséal, j’ai préféré saisir l’opportunité de l’in situ.

Avant de visiter le lieu avec le groupe, j'imaginais présenter le travail effectué au cours de l’année, sous la forme d’une installation visuelle, qui serait projeté ou diffusé sur un écran mêlant collection d’animations et images d’archives des ateliers performance. Toutefois, l’opportunité d’implanter mon travail dans ce lieu atypique me donne envie de mettre en place une installation interactive qui serait à la fois un résumé d’une partie de mon travail et une extension nouvelle de celui-ci.

L’idée est relativement simple.

Poser une chaise devant une des fenêtres de la galerie :

  • installer peut-être quelques objets imprimés (extraits de textes, etc.) ainsi qu’un carnet et un stylo.
  • En face de cette chaise : vue sur les pelouses de la place de la halle aux farines où vont et viennent passantes et passants.

Une autre chaise est installée en face de la première mais côté extérieur de la vitre :

  • de cette façon, les visiteurses de l’exposition peuvent s’asseoir et explorer la gestuelle des passantes et passants, le carnet est disponible pour prendre des notes ;
  • de l’autre côté, toustes participent à l’exposition malgré elleux et peuvent être l’objet ou non d’une observation.
  • La chaise côté extérieur laisse la chance aux passantes et passants de s’asseoir également et de participer à leur manière en acceptant volontairement d’être vu ou en s’offrant un autre point de vue sur l’exposition.

L’installation est augmentée par la lecture d’un fichier audio :

  • l’écoute se fait par un casque branché sur un MP3 afin de se concentrer sur le visuel extérieur plutôt que sur de la lecture ;
  • l’audio peut décrire ce qui est attendu dans l’installation, lire des passages écrits du mémoire et/ou lire des descriptions de gestes faites au préalable.
Figure 3.3. Croquis de l’installation réalisée lors de la soutenance des master ArTeC 2024. Une silhouette d’homme assis sur une chaise dans l’espace d’exposition, face à une fenêtre donnant sur un espace vert et une autre silhouette assise de l’autre côté de la vitre. 2024. Autrice : Assia Musitelli Chabane, 2023

Esthétique du bug, objets à comportement

Lors du workshop associé au séminaire ArTeC « Technologies critiques : Histoire, théorie et pratiques des anti-machines » j’ai co-créé en binôme avec Younès Guilmot un objet à comportement (Quinz 2021). Il s’agit d’une interaction robotisée avec une plante, grâce au MisBkit, un kit de robotique simplifié développé par l’EnsadLabVoir par exemple : https://jpo.ensad.fr/module-de-recherche-et-creation-objets-a-comportements/↩︎. Suis moi je te fuis ou L’Antiphotosynthèse est une interaction énigmatique entre une plante grasse et une lampe torche. Chacune se meut dans l’espace, l’une monte et descend, l’autre pivote de haut en bas. Elles se cherchent, s’évitent, etc. Une danse ambiguë dans une ambiance de salle d’attente. La plante paraît stoïque, se balade de bas en haut du mur, elle semble se jouer de la lampe qui, elle, paraît frénétiquement la chercher ; les deux objets se croisent mais leur mouvement ne peut jamais s’accorder.

Avec ce type d’objets à comportement, on passe d’une œuvre interactive à une œuvre réactive. Ces objets, ces robots sont pour moi une façon de mettre en valeur des comportements complexes en simplifiant leur fonctionnement, en le mettant à nu par un réseau de capteurs qui activent des moteurs. Senster, la machine timide de l’artiste Edward Ihnatowicz (1969)Pour en savoir plus, lire : https://books.openedition.org/pupo/26717 ; voir : https://fisheyeimmersive.com/article/loeil-dans-le-retro-the-senster-dedward-ihnatowicz/↩︎, est un grand robot à commande hydraulique, la première sculpture contrôlée par ordinateur et la première à paraître timide. En effet, Senster suit les sons et mouvements des personnes qui l’entourent et fuit lorsque ceux-ci deviennent forts ou violents. Ce type de machines est à contresens de la logique habituelle en introduisant volontairement un bug, un handicap, des anxiétés ou encore en refusant de se soumettre aux normes, comme The Helpless Robot de Norman White (1987, 2002)Pour en savoir plus, lire : https://books.openedition.org/pupo/26662 ; voir : https://agnes.queensu.ca/explore/collections/object/the-helpless-robot/↩︎, la série des Rêves Technologiques de Dunne et Raby (2007)Pour en savoir plus, voir : https://dunneandraby.co.uk/content/projects/10/0↩︎ ou Petit mal de Simon Penny (1986)Pour en savoir plus, lire : https://books.openedition.org/pupo/26892 ; voir : https://simonpenny.net/works/petitmal.html↩︎.

L’œuvre Petit Mal est un exemple de tentative de construire un robot qui s’oppose à l’attitude cartésienne qui sépare corps et esprit. Le matériel et le logiciel sont considérés dans Petit Mal comme une continuité sans faille et son comportement découle de la dynamique de son « corps ». Petit Mal n’est pas un outil, il n’exécute pas une tâche prédéfinie de manière optimisée.

Dans la terminologie de la robotique, c’est un robot réactif, il est en train de faire son propre petit voyage de découverte. Dans la terminologie neurologique, un Petit Mal est une perte de conscience momentanée. Il est important que le Petit Mal soit juste un peu hors de contrôle, c’est une réaction aux théories oppressives du contrôle si omniprésentes dans l’informatique. (Penny 2020)

Bègue ou bug du geste

[00:00:39] — Élisa

Moi je me suis dit que… je cochais beaucoup de cases. Je me suis demandé ce que ça voulait dire.

[00:00:44] — Sophie

Sur toi-même ?

[00:00:45] — Élisa

Ouais, exactement. Est-ce que je suis neuroatypique ? Comme je n’ai pas la définition, je sais pas. Je me suis demandé si c’était en lien aussi du coup avec la sociabilité. Le lien entre la sociabilité et les gestes parasites.

[00:00:59] — Sophie

C’est un peu genre le bègue du geste. C’est-à-dire que les trucs auxquels tu te raccroches, un peu de manière inconsciente, mais un peu genre le bégaiement mais du geste. À la fois, j’ai pas l’impression de les avoir systématiques, mais de tous les avoir un peu quoi.

Extrait d’entretien, bâtiment de recherche nord du Campus Condorcet à Aubervilliers, le 9 mars 2024

Que se passe-t-il lorsque l’on accumule ces informations dans une simulation de sociabilité neurodiverse ? À quel moment la machine rencontre-t-elle un bug ? C’est lorsque l’on rend cet aspect de la vie, qui semble pour beaucoup absolument naturel et universel, totalement illisible que l’on prend conscience de la question de la communication dans la neurodiversité.

Durant le workshop avec le MisBkitPour en savoir plus : https://misbkit.ensadlab.fr/misb-what/↩︎, j’ai envisagé mon propre objet à comportement, qui nécessite des moyens que je n’avais pas à ma disposition. J’imaginais de lier la gestuelle humaine à un objet non humain, dans une forme qui permet de faire apparaître les logiques de stimuli, gestuelle et réactivité. Cela peut se faire en détournant la pratique du neurofeedback : elle consiste en des électrodes qui captent l’activité cérébrale pour informer en direct le cerveau de changements brutaux ou anormaux et lui permettre de s’autorégulerLe neurofeedback a déjà inspiré les expérimentations en tête-à-tête témoin/acteurice citées ci-avant.↩︎. Le but n’était pas l’autorégulation à des fins thérapeutiques mais la déviation des signaux vers un objet à comportement, chaque discrépance captée par les électrodes serait un signal de mouvement pour l’objet. On imagine ainsi une interaction incontrôlable avec un objet réactif.

Socialisation versus sociabilisation (et leur autoritarisme)

Avec Petit Mal, Simon Penny dénonce l’autoritarisme des systèmes informatiques qui régissent les machines ; peut-on toutefois parler d’autoritarisme dans les systèmes de communication et de sociabilisation humaine ?

Socialiser : verbe formé de l’adjectif « social » et du suffixe verbal « iser ». Il signifie « rendre social », « adapter à la vie en société » ou « développer les rapports sociaux chez un individu ». Ce verbe figure dans tous les dictionnaires usuels ; sa première attestation remonterait à 1786D’après le Centre national des ressources textuelles et lexicales : https://www.cnrtl.fr/etymologie/socialiser↩︎.

Socialisation : désigne « l’ensemble des processus par lesquels l’individu est construit […] par la société globale et locale dans laquelle il vit, processus au cours desquels l’individu acquiert […] des façons de faire, de penser et d’être qui sont situées socialement » (Darmon 2016, 6). La socialisation se définit comme le développement de l’individu au contact d’agents d’influence (famille, école, etc.) tout au long de sa vie. Ce développement prend la forme de comportements prosociaux (souci de l’autre, etc.) et de reproduction ou changement social.

Sociabiliser : verbe formé de l’adjectif « sociable » et du suffixe « iser », signifie « rendre (plus) sociable » ou « adapter à la vie sociale ». « Plusieurs dictionnaires usuels ne consignent pas ce verbe car c’est un néologisme. Ceux qui le font le donnent parfois comme synonyme de “socialiser”. “Sociabiliser” semble toutefois moins fréquent que celui-ciOffice québécois de la langue française, « Différence entre socialiser et sociabiliser », Vitrine linguistique. Consulté en janvier 2023 sur : https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/24261/le-vocabulaire/nuances-semantiques/difference-entre-socialiser-et-sociabiliser↩︎. »

L’apparition du terme « sociabiliser » démontre la nécessité (nouvelle ?) de désigner la capacité sociale au-delà des processus de développement de l’individu au sein d’un groupe (acquisition du langage, développement de l’empathie, etc.). La sociabilité désigne des caractéristiques plus précises à atteindre, elle défend une habileté sociale qui répondrait à des normes précises. Cependant, ces normes ne sont pas nécessairement décrites bien qu’elles soient largement instaurées.

L’autoritarisme consiste en une prééminence, une hypertrophie de l’autorité, érigée en valeur suprême. Ainsi, les valeurs de socialisation et surtout de sociabilisation dévieraient vers une forme d’autoritarisme car celles-ci sont dictées par les dogmes de la neurotypicalité et la recherche absolue d’une norme comportementale qui ne serait finalement pas représentative de la réalité mais une base neutre et commode à certaines pratiques, analyses et recherches.

Lorsque cette norme ne correspond pas aux modalités d’être d’un individu, elle produit ce que je propose d’appeler un malaise sociable : une tension vécue dans l’interaction sociale, où la participation devient effort plutôt qu’élan. Ce malaise peut prendre diverses formes : sensation de ne pas être à sa place, impression d’être malhabile, difficulté à se faire comprendre ou nécessité constante de s’ajuster pour paraître suffisamment sociable ; ce qui a été décrit le long de cette recherche. L’autoritarisme perçu par le biais des normes sociales façonne notre performativité du quotidien qui devient un outil pour contrer le malaise sociable. Ces discrépances mènent au bug de la communication, à la trahison du corps via le geste, etc.

Cela expliquerait la connexion que j’ai commencé à éprouver envers les machines au cours de cette recherche.

Références
Darmon, Muriel. 2016. La socialisation. Armand Colin.
Jung, Carl. 1971. Psychological types. Vol. 6. Princeton university Press. https://archive.org/details/psychologicaltyp0006cgju/page/n7/mode/2up.
Kaprow, Allan. 1996. L’art et la vie confondus. Centre Pompidou.
Penny, Simon. 2020. « Petit Mal: an Autonomous Robotic Artwork ». Site d'artiste. Simon Penny. https://simonpenny.net/works/petitmal.html.
Quinz, Emanuele. 2021. Le comportement des choses. La grande collection ArTeC. Dijon: Les presses du réel. https://www.lespressesdureel.com/ouvrage.php?id=8611&menu=0.